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Chapitre 3

Chapitre 3
! Attention, la fin du chapitre peut choquer certaines personnes !

7h00. J'entends encore ce foutu réveil qui essaye tant bien que mal de me sortir de mon sommeil. Je réussis à l'éteindre dans un geste désespéré pour pouvoir gagner quelques minutes de plus dans mon lit. Mais c'était sans compter sur ma "mère" qui me rappela à l'ordre. A croire qu'elle prend un malin plaisir à me pourrir ma journée. Enfin bref, je me lève, je prends quelques fringues au passage, noires bien évidemment, et je file en direction de la salle de bain. Une douche rapide, je m'habille, et là, je m'attaque au truc le plus compliqué de toutes mes matinées : mon maquillage. Ben oui, faut que je le réussisse quand même. Alors que j'étais arrivée au moment crucial du khôl, elle recommença à m'appeler.

Mère:
"Lena, dépêches-toi! Tu ne vas pas avoir le temps de déjeuner!"

Nan mais elle est pas vraie elle! J'en ai marre, j'ai pas cinq minutes tranquilles dans cette maison! Bon, je pris quand même le temps de terminer et je descendis. Entre temps, j'avais préparé ma "trousse", juste au cas où. Je passe discrètement devant la cuisine pour éviter qu'elle me voie. Mais, manque de bol, elle a relevé la tête au mauvais moment, enfin, pour moi.

Mère:
"Bon, tu viens manger? Oh, pourquoi tu t'habilles toujours en noir? Tu es tellement plus jolie avec des couleurs.

Lena: Je fais ce que je veux et je n'ai pas faim.

Mère: Prends au moins quelque-chose à manger. Tu n'as rien mangé hier soir.

Lena: Et alors? Tu n'es pas ma mère!"

Je partis sans me retourner en claquant la porte d'entrée. Une fois dehors, je sortis automatiquement mon I Pod pour écouter ma chanson du matin : Pure Morning de Placebo (clikez si vous voulez écouter). Une fois mes écouteurs en place, je remontai mon écharpe sur mes joues déjà rougies par le froid. Et oui, nous étions fin octobre et le froid est dur en Allemagne. Ou tout du moins, dans ma ville à Leipzig. Je regardai l'heure. 7h30. J'avais tout mon temps pour aller à l'école vu que mon lycée n'était qu'à dix minutes de chez moi à pieds. Je décidai donc de passer devant mon magasin préféré. Je pris un raccourci et j'arrivai enfin devant. Et non, désolée de vous décevoir. Ce n'est pas un magasin de fringues de marque. C'est juste un tout petit magasin qui vend des CD. Mais pas n'importe quels CD... Des CD de collection. Une sorte de rêve pour moi quoi. Je restai admirer toutes ces petites "merveilles" à travers la vitrine vu qu'à cette heure-ci c'était encore fermé. Par contre, là, je suis restée trop longtemps et je vais sûrement arriver en retard en cours d'histoire-géo. Enfin bon, une fois de plus, une fois de moins. J'arrivai enfin au lycée et eût la mauvaise surprise de voir la porte déjà fermée. 8h03. J'y crois pas. Elle ne peut pas arriver avec cinq minutes de retard cette prof? En plus, c'est la prof qui ne peut pas me voir. Je vais encore avoir le droit à une remarque désobligeante de sa part. Je frappai et j'entrai. Je vis rapidement que tous les regards étaient braqués sur moi. Je m'assis à ma place, et heureusement, elle était au fond. Je n'avais pas dit un mot depuis mon entrée. Et là, j'ai le droit à la remarque cinglante.

Prof:
"Ah, mademoiselle Künzler, vous nous faîtes l'honneur de venir suivre mon cours.

Lena: ...

Prof: Vous pourriez répondre quand on vous parle.

Lena: Oui, oui...

Prof: Et insolente avec ça. Et bien, la prochaine fois vous pourrez vous excuser de votre retard en entrant.

Lena: (sur un ton las) Excusez-moi...

Prof: Mais vous vous entendez parler?!

... : Il faut l'excuser madame. Ben oui, elle est perturbée depuis qu'elle a appris qu'elle avait été adoptée.

Lena: (m'énervant) De quel droit tu te permets d'en parler devant tout le monde! Et comment t'es au courant?!

... : Qu'est-ce que tu crois? Tes parents l'ont dit aux miens et...

Prof: Mesdemoiselles, ça suffit! L'une d'entre vous devrait apprendre à tenir sa langue. Quand à vous mademoiselle Künzler, vous êtes dispensée de mon cours. Vous suivrez le prochain quand vous vous serez calmée. Vous pouvez sortir."

Je ne pris même pas la peine d'essayer de m'expliquer. Je pris mon sac et je sortis au plus vite de cette classe tout en sachant que les regards étaient une fois de plus braqués sur moi. J'arrivai au seul endroit du lycée où l'on pouvait être tranquille à cette heure-ci : les toilettes des filles. J'y entrai rapidement en essayant de respirer calmement pour ne plus être énervée. Je réussis à trouver le morceau de bois qui me permettait de bloquer la porte d'entrée des toilettes. Je ne voulais pas qu'on me voit dans cet état et surtout, je ne voulais pas que l'on voit ce que j'allais faire. Je vérifiai que la porte était bien fermée et je m'avançai vers le lavabo pour me regarder dans le miroir. J'essayai de garder un visage dur comme celui que j'ai devant les autres. Mais maintenant que je suis seule, je me sentis craquer. Les larmes coulèrent le long de mes joues et laissèrent une trace due à mon maquillage. Je m'étais promis de ne pas craquer, de ne plus craquer. Mais là, c'en était trop. Comment a-t-elle osé? Au moins, cette petite altercation vous a permis de "rencontrer" Angelika. Cette fille... comment dire... et ben c'est mon opposé. Elle s'habille de façon provocante (remarque, je ne suis pas tellement mieux avec mon noir intégral). Enfin bref, elle, c'est la fille que tout le monde aime avec son magnifique sourire, sa gentillesse. Ben peut-être que tout le monde l'aime, mais pour moi, elle est tout ce que je déteste. C'est la fille populaire, tout le monde veut lui ressembler et je suis sûre que ce n'est qu'une peste qui use de tous les moyens possibles pour arriver à ses fins. J'en suis sûre tout simplement parce-que... j'étais comme ça avant. Et rien que d'y repenser, ça me met dans un état pas possible. Et comment a-t-elle osé dire "ça" devant tout le monde? Dire que j'ai été adoptée alors que j'ai changé d'école pour que personne ne le sache. Et de savoir ça, je me sens obligée de...

Je sortis ma "trousse" et commençai à me remaquiller en enlevant les traces sur mes joues. C'est alors que je le vis... mon instrument de torture... ma lame de rasoir. Je relevai une manche, enlevai un de mes bracelets de force de mon poignet où l'on pouvait voir deux cicatrices bien distinctes dont une encore rougie. Je pris ma lame et l'approchai de mon poignet. Je respirai un grand coup et je commençai ce qui me permettait de soulager ma peine. Je n'y arrivai que par la mutilation, par la douleur. Je regardai les gouttes de sang tomber une à une dans le lavabo blanc. C'est comme si ma douleur s'échappait dans le sang qui coulait. J'avais commencé à faire ce "rituel" quand on m'a appris pour mon adoption. Depuis, dès que j'avais un moment de blues, je recommençais. C'était devenu un besoin. Je sais que je risque quelque-chose à chaque fois que je le fais. Mais je ne peux pas m'en empêcher. Alors que j'avais toujours mon regard fixé sur mon poignet, j'entendis qu'on essayait d'ouvrir la porte des toilettes...



* Voici la suite. J'espère que la fin de l'article ne vous a pas trop choqué. Mais je veux vraiment montrer que Lena est au plus mal. Désolée, Bill n'est pas dans cet article. Il revient normalement dans le prochain. En espérant que vous aimez^^ *

# Posté le mercredi 11 avril 2007 10:58

Modifié le jeudi 17 mai 2007 09:35

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